vendredi 22 août 2008

Rubis mourut dans les bras de son arbre

Sophie, la poète du groupe, vous présente une petite mise en scène qu'elle a monté sur un de ses poèmes en collaboration avec Valérie Gi. Malheureusement, la mise en scène n'a pas pu être terminée, mais on a tout de même fait le montage des scènes qui ont été filmées. Le voici:




Jeune fille nom rubis, perdue dans l'immensité de la vie...
Le chemin sans rancoeur...sans valeurs...sans donneurs...
Les rebords de l'asphalte mouillée embrouille sa vision...
Les fleurs fanées du maquillage raté de la route lui demande pardon...

Elle sent l'odeur assoiffée de l'aigle rabougri...qui gît là inconscient...
Les ailes tordues éparpillées aux quatre coins du vent...n'oubliant leur provenance...
Du creux de l'air morbide...sans fin tourbillon...qui aspire et fait fondre les bonheurs...
La maison grise et peinte d'argenterie infinie...n'est plus que torpeur de douleur...

Seule, les yeux livides...sans scrupules...mais au fond tellement...si...
Qui peut la comprendre...l'entendre...elle est incomprise et sourde...à quoi bon...
Insister sur sa souffrance...elle est si bien dedans...elle nage de saveur dans son atrocité...
La nourriture lui semble si inutile...futile même...boire...tout ce qu'elle veut c'est lui...

Sa seule eau de vie...son homme arbre...celui de la prairie des mal-aimés...
Les jours ensoleillés de nuages parsemant la pluie dans chaque goutte de chair...
Elle s'y installait afin de peindre sur cet arbre...tout l'amour de son coeur si petit...
Elle y peignait un sourire aux fleurs tristes...un doigt torturé par le mariage...ses rêves déchus...

Cet homme arbre le lui rendait si bien...avec ses baisers de terre humidifié par la grâce...
La branche tendue à son épaule...l'âme au coin de ses creux de vieillesse...
Par les jours ailés de tendresse...sagesse et beaux dimanches couleurs...
Se frôlant du bout des mots...sans jamais prononcer parole...ni même un bémol...

L'histoire suivait son cours...une seconde...une journée à la fois...
Parfois brumeux sans envergure...joie éteinte dans la clarté de l'ami solaire...
Une parure sans rire au coin des cils...un vêtement automnal à faire froid dans le dos...
Un bout de phrase non-terminée...mais qui faisait son bout de chemin à travers les ondes...

Le drame survint...le soir du jour de l'amant...des baisers chandelles...
Elle l'étreignait cet arbre papillon...de ses bras rosés par l'édredon printanière...
Il laissa échapper son dernier soupir...dans la douce oreille sourde de son aimante...
Je t'aime...ne l'oublie jamais...douce et tendre femme enfant...qui était mienne...et reine...

Elle était si abîmée par la mort dure et froide de son...arbre homme...
Qu'à chaque journée elle lui laissa un je t'aime en papier...au bas de son tombeau...
Une rose à épines brûlées...pour ne pas l'effleurer trop profondément...par ce qu'elle ressent...
Elle se laissa mourir...chaque jour...à coups de regret trop lointain dans son jeune être cher...


Cette mort...la chahuta à tel point qu'elle mourut...un jour de pluie sans larmes de peine...
(...)


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Wow, Bravo. Belle ambiance générale, excellent choix de musique. Le poème est fou. Bravo les soeurs Giguère, vous avez menez le projet jusqu'au bout! Chapeau gang!


Maxim